Audit financier : faire le bilan du passé pour préparer l’avenir
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Pour pouvoir construire les nouvelles politiques des années à venir, il est indispensable de connaître avec précision la situation héritée du passé. C’est pourquoi le Maire de Grenoble a demandé dès le mois de mai au Directeur général des services la réalisation d’un audit financier de la municipalité. Objectif : avoir en main tous les éléments chiffrés permettant une vision globale des finances de la Ville. Ce document librement consultable par le public sur le site grenoble.fr servira de base pour la construction du budget d’investissement de l’année 2015.

Grenoble : une ville endettée

La situation financière de Grenoble n’est un secret pour personne : avec une pression fiscale supérieure à la moyenne nationale (taxe d’habitation et taxes sur le foncier bâti/non bâti), la Ville est endettée, depuis les années 2000, à hauteur de 1 700€ par habitant. Si l’ancienne municipalité est parvenue à stabiliser cette dette après l’explosion des années Carignon (+100% de 1983 à 1989 et +20% de 1989 à 1995), un retournement sensible s’est opéré depuis 2012. Entre hausse des dépenses de fonctionnement, baisse des dotations de l’Etat (déjà !) et obligation de contribuer au FPIC (Fonds de Péréquation des ressources Intercommunales et Communales) sa capacité d’autofinancement est passé de 11,4M€ en 2012 à 3,8M€ en 2013.

Des investissements tournés à l’excès vers le rayonnement de la Ville

En parallèle, la politique d’investissement a surtout été orientée vers des politiques de prestige et de rayonnement très éloignées des compétences municipales : financement par millions des pôles de compétitivité et du Plan Campus, financement d’infrastructures sportives et culturelles (grevant l’entretien du parc existant) par la seule municipalité alors qu’il s’agissait souvent d’équipements d’agglo, lancement d’opérations couteuses d’urbanisme (Esplanade, Presqu’île, Flaubert…) alors que d’autres, déficitaires, n’avaient pas fini d’être financées (Vigny-Musset, Bouchayer-Viallet)…

L’audit financier 2004-2013 nous alerte aujourd’hui sur la manière dont a été géré l’argent public durant près d’une décennie. Il constitue un outil de travail important pour préparer le débat d’orientation budgétaire en janvier 2015 dans un contexte de baisse des dotations de l’Etat et alors que le Rassemblement s’en engagé, devant les Grenoblois, à ne pas augmenter encore la pression fiscale.


« En s’inscrivant dans l’histoire de Grenoble marquée par une forte présence de services publics municipaux, les choix effectués au cours des six dernières années ont réduit les marges de manœuvres : à un niveau d’endettement par habitant particulièrement fort, ce sont ajoutés des taux de fiscalité très élevés, en particulier la taxe foncière. Dans le même temps, les décisions politiques ont favorisé des secteurs et des domaines ne relevant pas du cœur de compétences d’une commune, fut-elle commune centre d’agglomération, obérant d’autant la capacité à assumer l’entretien d’un patrimoine trop souvent délaissé et à anticiper les besoins fondamentaux d’une commune comme l’accueil des enfants scolarisables. »

Audit financier de la Ville de Grenoble

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