Le développement des transports en commun : une ardente nécessité
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Monsieur le Président,

A la veille de l’année 2015 pour laquelle le gouvernement français a déclaré le climat comme « grande cause nationale », je veux croire, autant que les membres du Comité Syndical, que nous saurons trouver ensemble les moyens financiers et de méthode pour être à la hauteur de notre responsabilité commune.

Les enjeux sont de taille, pour nos concitoyens, pour les usagers, pour les périurbains qui se déplacent quotidiennement vers l’agglomération grenobloise. Comme le révèle le compte déplacements, que nous avons réalisé ensemble, les déplacements dans le bassin grenoblois représentent 1 287 000 000 par an de coût pour l’économie réelle, tous modes de déplacements et tous modes de financement confondus (et les transports en commun seulement 20% de cette dépense). Pour assurer l’attractivité du territoire, la compétitivité des entreprises, il nous revient d’agir, ensemble, pour en baisser la charge sur l’économie. Or, nous savons tous que les modes alternatifs à l’autosolisme sont le seul moyen d’en diminuer le coût pour les collectivités, pour les citoyens et pour les entreprises. Si nous ne voulons pas condamner des populations à l’assignation à domicile du fait de l’augmentation des coûts du pétrole, les transports en commun, le co-voiturage, les modes actifs ne sont pas accessoires, leur développement est une ardente nécessité.

Notre dernier comité syndical a pu débattre des orientations budgétaires pour l’année 2015 en tenant compte des décisions que vous avez soumises à l’Assemblée Départementale lors de sa séance budgétaire du 11 décembre. Chacun y a exprimé la difficulté à construire un budget 2015 qui ne mette pas en danger la qualité des transports.

Alors qu’il ne pèse que 0,3% du budget départemental, le désengagement financier du Conseil Général que vous envisagez pour l’année prochaine représente 11 000 000 € de diminution de contribution pour le Syndicat Mixte des Transports en Commun et s’ajoute à d’autres diminutions budgétaires sur les lignes TransIsère que nous avons été amenés à compenser sans transfert de charges.

Au moment où le secrétaire d’Etat à la réforme territoriale nous invite à expérimenter en Isère, nous avons la possibilité de faire le choix d’avancer sur les déplacements. Au-delà des différences de sensibilités politiques, le Conseil Général du Rhône et la Métropole de Lyon font le choix de conforter leur Syndicat mixte des transports en commun, le SYTRAL, de fusionner leurs services et d’augmenter leur financement. Je nous invite à la même ambition de simplification, de rationalisation, d’optimisation. Ce que le Conseil Général du Rhône et le SYTRAL peuvent faire dès le 1er janvier 2015, le Conseil Général de l’Isère et le SMTC doivent l’engager sans attendre. Optimisation des réseaux, harmonisation tarifaire, fusion des services, des études et expertises au sein d’un syndicat, fusion des agences commerciales et billettique commune : les chantiers sont nombreux. Ils demandent du temps et de la volonté. Ils nécessitent de l’ambition, de la sérénité et de la coopération.

Le juge administratif a décidé de suspendre l’arrêté du Préfet et a confirmé que la loi permet « que la compétence en matière d’organisation des transports urbains peut être transférée à ce syndicat mixte ». Cette décision nous permet de pouvoir travailler ensemble à la continuité du service public d’une part et d’autre part à l’évolution de la gouvernance des déplacements à moyen terme avec une plus grande sérénité. Soyez assuré de ma volonté à ce que nous y parvenions. C’est pourquoi, Monsieur le Président, je vous sollicite pour lever tout doute sur votre intention de vous retirer de notre Syndicat à brève échéance.

Je vous confirme le souhait que nous puissions renouveler le partenariat historique entre le Syndicat Mixte des Transports en Commun, le Conseil Général de l’Isère et la Communauté d’Agglomération de Grenoble Alpes Métropole au service de l’intérêt général.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.

Faire ensemble ce que nous ne pouvons pas faire séparément.

Yann MONGABURU

Président du SMTC

Une réflexion au sujet de “Le développement des transports en commun : une ardente nécessité

  1. Les questions essentielles qui se posent à une ville qui ne peut subir le poids d’une agglomération où tout a été conçu pendant de nombreuses années sur le tout voiture, heureusement qu’une partie des habitants à su s’opposer au projet de tunnel qui ne servait qu’à aider les entreprises du btp !
    Nous découvrons les limites de la démocratie « représentative » où les élus « perdent » tout sens de la réalité et ne voient plus la vraie vie des gens (pas des privilégiés!)

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