Bientôt un « Plan Ondes » à Grenoble
Partager

Mondane Jactat, Adjointe à la Santé, salue l’adoption de la « loi Abeille », relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’expositions aux ondes électromagnétiques.

Les ondes électromagnétiques : un danger pour la santé ?

S’il n’existe pas de consensus scientifique sur les dangers potentiels des radiofréquences pour la santé, nombre d’études et d’avis ont appelé à la prudence. En 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les a classées comme « cancérogènes possibles ». Et, en 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a recommandé de « limiter les expositions de la population aux radiofréquences – en particulier des téléphones mobiles –, notamment pour les enfants et les utilisateurs intensifs ». Elle préconisait aussi de « maîtriser l’exposition générale résultant des antennes-relais ».

Quelles avancées avec la loi Abeille ?

Comme l’indique la députée Laurence Abeille, ce texte de loi « ne prétend pas répondre pas à tout, mais il constitue un compromis utile, et fait progresser la transparence. Il est l’illustration du fait que protection de notre environnement et prise en compte des risques sanitaires ne sont en rien incompatibles avec le développement technologique et la diffusion des usages des nouvelles technologies ».

En effet, le texte adopté jeudi 29 janvier 2015 reconnait le principe de modération et donne aux communes des leviers pour protéger les habitants face aux risques sanitaires potentiels : obligation de transparence envers les riverains, réduction maximale et systématique du degré d’exposition, notamment des publics fragiles, reconnaissance de l’électro-hypersensibilité, etc.

Vers un « Plan Ondes » à Grenoble

Jusqu’à présent, la législation laissait les communes dramatiquement démunies en matière de protection des populations face aux risques sanitaires potentiels liés à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Cette loi est un premier pas, que nous saluons même si beaucoup de chemin reste à parcourir.

Fidèle à l’esprit du Grenelle des Ondes, qui visait à expérimenter l’abaissement des puissances d’émission des antennes relais à 0.6 volts par mètre, la Ville de Grenoble se dote d’outils innovants pour élargir sa capacité à agir pour la santé des Grenobloises et des Grenoblois. Ainsi, depuis décembre 2014 le Plan Local d’Urbanisme prévoit que, dans le contexte de controverse scientifique, la prudence commande de ne pas installer des antennes de téléphonie mobile à moins de 100 mètres des équipements accueillant des publics sensibles (petite enfance, scolaires, personnes fragiles ou âgées).

Au-delà des antennes relais, le rôle de la puissance publique est d’agir de façon transversale et concertée sur la place des radiofréquences dans la ville (Wifi, micro-ondes, téléphonie nomade, etc.), tant avec les industriels des technologies qu’auprès des utilisateurs quotidiens de ces outils. En ce sens, en 2015, Mondane Jactat présentera le « Plan ondes » de la Ville de Grenoble.

Une réflexion au sujet de “Bientôt un « Plan Ondes » à Grenoble

  1. Ce plan permettra-t-il de limiter les installations 4G, lesquelles ne sont parfois que l’occasion pour les co-propriétés d’encaisser des redevances. Exemple : un bouquet de 4 x 4G existe sur le toit du 75 cours Jean-Jaures, un deuxième vient d’être voté par le Conseil syndical du 79 : 50 mètres de distance entre les deux !!

  2. Mme Jactat commence son article par une belle contre-vérité qui satisfera les opérateurs de téléphonie mobile : « il n’existe pas de consensus scientifique sur les dangers potentiels des radiofréquences pour la santé » : balayant ainsi les différents rapports Bio-Initiative INDEPENDANTS des lobbyes de la téléphonie mobile publiés depuis 2007 et dont le rapport 2011 de l’OMS n’est qu’une forme d’aveu en mode « diplomatique » à peine voilé : à savoir que le débat scientifique SERIEUX est clos depuis 2007 sur cette question de la dangerosité effective pour les organismes vivants de l’exposition quasi-permanente au rayonnement électro-magnétique.

    L’énormité de la contradiction de cette « loi Abeille » saute aux yeux quand on lit la phrase suivante : « Il est l’illustration du fait que protection de notre environnement et prise en compte des risques sanitaires ne sont en rien incompatibles avec le développement technologique et la diffusion des usages des nouvelles technologies ». »
    Donc on admet qu’il y a des risques sanitaires, dont on sait qu’ils proviennent du développement technologique (dans le cas présent : les antennes-relais et les bornes wi-fi …etc)et en même temps on ne voit aucune incompatibilité avec ce même développement FORCENE de la technologie de téléphonie mobile …

    Si la ville de Grenoble a eu une bonne initiative en faisant voter l’an dernier dans le PLU l’interdiction d’installer des antennes de téléphonie mobile à moins de 100 mètres des équipements accueillant des publics sensibles (petite enfance, scolaires, personnes fragiles ou âgées ..) elle doit choisir son camp et je crains que Mme Jactat ne soit pas de bon conseil.

    Il n’y a que 2 camps : les opérateurs de la téléphonie mobiles (aujourd’hui les entreprises les plus florissantes du monde en terme de bénéfices financiers, et de ce fait les plus puissantes en capacité de lobbying tout terrain)et les citoyens qui n’ont en dernier ressort que leurs élus municipaux pour les protéger avec les moyens qu’ils peuvent se donner.

    Nous répétons donc à Mme Abeille et Mme Jactat : il n’y a pas de risques sanitaires « potentiels », : il y a des risques REELS et des entreprises gigantesques qui le savent bien et font en sorte de retarder l’échéance de la prise en compte générale par le politique aussi longtemps qu’ils le peuvent (comme les industriels de l’amiante ont su le faire pendant presque un siècle) et des pouvoirs politiques qui renoncent d’avance à jouer leur rôle et des citoyens qui sont là pour le leur rappeler.

    Quand les cadres supérieurs des entreprises de haute technologie californiennes placent leurs propres enfants dans des écoles privées et spécialement « déconnectées » (sans Wi-fi, sans « tablettes » et où les téléphones portables sont interdits) on a la preuve presque par l’absurde du fameux dicton « faites ce que je dis, mais ne regardez pas ce que je fais » : eux, SAVENT et AGISSENT en conséquence : c’est le moins que l’on puisse attendre de nos élus quand eux aussi SAVENT (et si ils l’oublient, c’est le rôle des citoyens de le leur rappeler).

Laisser un commentaire