Réponse ferme d’Eric Piolle à la question orale polémique de l’UMP sur le bidonville de l’avenue Esmonin
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Une réflexion au sujet de “Réponse ferme d’Eric Piolle à la question orale polémique de l’UMP sur le bidonville de l’avenue Esmonin

  1. Jusqu’à aujourd’hui, l’immense majorité des responsables politiques de la région ont fait mine d’ignorer la question, gravissime, des migrants à la rue. Ou alors, c’était pour procéder à de honteuses expulsions, les exemples ne manquent pas depuis quelques années.
    Dans les actes comme dans le discours, le mot d’ordre était : ne réveillons pas la xénophobie qui est supposée sommeiller chez mes électeurs.
    C’est pourquoi l’intervention de Piolle tranche par son courage dans un contexte politique où ces migrantEs sont non seulement abandonnéEs à leur sort, mais sont utiliséEs dans un argumentaire nauséabond.
    Souhaitons maintenant que l’Etat, le Conseil général et les autres maires de l’agglomération travaillent rapidement sur les pistes évoquées.
    Mais là, excusez-moi si je rêve un peu.

  2. Ce soir là, le Maire a informé les grenoblois sur les points suivants :
    – Non la Mairie ne fera jamais démanteler ce campement car sa population s’éparpillerait dans toute l’agglomération et rendrait plus compliqué l’intégration de ces personnes (travail, logement). Cette affirmation s’appuie sur un article du journal « Le Monde ». Autant dire sur pas grand-chose …
    – Oui la Mairie fait tout pour améliorer la vie dans le campement : mise à disposition de sanitaires, installation de bordures en béton pour la sécurité des habitants du campement, nettoyage du campement (10 bennes dernièrement), ramassage des ordures, enlèvement de véhicules (5 voitures dernièrement), présence d’un vigile 7j/7 – 24h/24, présence d’un animateur/éducateur …
    – Oui la Mairie recherche des fonds européens pour ainsi fournir à toutes ces personnes un logement

    A part cette petite liste, rien d’autre, pas de projet, pas d’action en cours, pas d’information sur les lieux retenus pour loger ces personnes, pas de montant demandé à l’Europe, rien sur la volonté de prendre en considération le mal être et les problèmes des riverains qui voient leur biens partir en fumée et leur Quartier mourir à petit feu. Que des promesses de jours meilleurs. Bien sûr le Maire, n’a pas manqué de rappeler comme à son habitude que cette situation est uniquement de la responsabilité de l’Etat et pas de la sienne. Chose que démentait fermement l’ancien Préfet. Qui croire ? Salubrité, Sécurité , Tranquillités ne font-elles pas parties des attributions du Maire? C’est dire que les choses ne sont pas prêtes d’avancer et que l’on peut légitiment penser que ce campement/bidonville est là pour encore pas mal de temps.

    Il est aussi à noter que lors de cette soirée, des représentants de l’association « la Patate chaude » étaient eux aussi présents et distribuaient des tracts. Dans ces tracts, ces personnes qui s’achètent une bonne conscience en réclamant la solidarité chez les autres mais pas chez eux, désignent les riverains comme « xénophobes ». Autant dire qu’ils n’ont pas bien lus (ou pas voulu lire) nos écrits. Nous ne sommes pas xénophobes, nous souhaitons vivre en toute tranquillité et sécurité dans un quartier agréable. Nous en avons le droit tout comme les habitants du Nord de Grenoble, car nous aussi nous payons des impôts. D’eux même, ils qualifient les habitants du bidonville de « personnes « sales », ne travaillant pas, ou rarement ». Ils ont d’eux même bien résumé la situation que vivent chaque jours les riverains qui contrairement à eux habitent le Quartier et subissent quotidiennement ces problèmes. Car c’est bien là le problème: la Salubrité et la Sécurité. Dans leurs tracts ils se font porte-parole des familles vivant dans le campement et soulignent que la Mairie ne leur fournit aucune aide :
    – Absence de ramassage d’ordures
    – Absence de sanitaires

    Pourtant ceux sont là deux actions importantes de la Mairie ! Alors qui ment afin de rallier un maximum de personne à sa cause en jouant sur la corde sensibilité des grenoblois ? Nous riverains contrairement aux élus et aux associations, on voit bien la réalité puisque nous la vivons chaque jour depuis trop longtemps.
    La Mairie assure que la population du campement est contrôlée et n’évolue pas. Qu’est-ce que cela signifie :

    – Que les 25 Millions d’euros de budget annuel du CCAS ne suffisent pas à aider ces populations qui restent donc en place dans le bidonville?

    – Ou simplement que pour tout départ de famille du campement nous avons l’arrivée de nouveaux demandeurs et ainsi la création un cycle sans fin d’arrivée et de départ, que la Mairie encourage par sa communication et ses déclarations.

    Ce qui est sûr, c’est que le campement grandit chaque mois un peu plus et on peut craindre une augmentation non négligeable du campement et de sa population dans les mois qui viennent.

    1. Bonjour,
      concernant les informations données par le Maire sur la gestion du bidonville, nous vous apportons les précisions suivantes, puisque vous vous inquiétez de l’action de la Ville à cet égard. Le Maire a en effet annoncé des actions concrètes, que nous voulons bien répéter ici ou clarifier :

      1) L’entrée Sud de la Ville a été négligée depuis des années, notamment sur le devenir de la friche dite « Allibert ». Le Maire a annoncé la démolition en 2015 de l’ancien siège, qui représente une « verrue » sur ce quartier, et par ailleurs des mesures d’amiante ont été installées, qui ont prouvé qu’il n’y avait pas de fibre d’amiante dans l’air. Nous regrettons que vous n’ayez pas retenu cette nouvelle, qui changera la vie du quartier et rassure les riverains sur leurs conditions de santé environnementale.

      2) Effectivement la tâche de la Mairie, puisque l’Etat ne prend pas toutes ses responsabilités en matière d’hébergement, est de limiter l’impact de ce bidonville, qui a commencé fin 2013, donc avant les municipales, sur la vie quotidienne des riverains, mais aussi de veiller à des conditions de vie les plus décentes possibles malgré la misère de ce site. Ce n’est pas une petite liste de rappeler les actions concrètes :
      -L’accès aux sanitaires et à l’eau, prise sur l’aire d’accueil des gens du voyage qui jouxte le bidonville, et la surveillance sanitaire, avec l’enlèvement d’encombrants et d’ordures ménagères régulières (avec la Métro) et le passage régulier de Médecins du monde ;
      -La limitation de la population, au vu des conditions de vie ;
      -La coordination d’action de régulation, avec un vigile, un travailleur social, la présence de Médecins du monde et l’accueil d’associations caritatives ;
      -La sécurisation des abords du site, avec le dépôt d’une barrière ne béton pour améliorer la sécurité routière, l’enlèvement de voitures épaves, la pose de rochers sur des espaces encore libres pour prévenir une extension du camp ;
      Le fait qu’une association considère que cela n’est pas suffisant envers les habitants du bidonville et souligne tous les manques par ailleurs, mais que vous considériez que c’est déjà trop, confirme que la Mairie assume une voie médiane, d’actions proportionnées à ses capacités.

      3) La recherche de solutions durables, au lieu d’une expulsion massive inefficace
      Nous confirmons qu’aucun chiffre ne sera donné sur les négociations en cours avec les Préfecture de l’Isère et de Région, conduites conjointement avec la Métro, mais que ces négociations ont pour but, notamment, de lever des fonds européens spécifiques.

      Par ailleurs, la Mairie ne cherche pas à poursuivre l’existence de ce bidonville, mais elle fait avec la réalité telle qu’elle est, et elle considère que la dispersion des habitants du bidonville serait pire que la situation actuelle. Pour mémoire, 8 personnes sur les 120 contrôlées au camp « Moulissimo » de SMH avaient l’obligation de quitter le territoire français : 94% des gens avaient le droit de vivre sur le territoire, les collectivités doivent intégrer cette situation dans leur action.

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