Un premier pas vers plus de parité femmes/hommes dans la dénomination des rues grenobloises 🗺
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Vidéo – Lors du conseil municipal du 29 février 2016, Martine Jullian a présenté une délibération visant à nommer de nouveaux espaces publics. Des dénominations faisant résonner au présent l’histoire culturelle, sociale, historique de Grenoble, et qui s’inscrivent dans une volonté d’accorder plus de place aux femmes dans le choix des noms de rues, avenues, places… A noter qu’à Grenoble, seuls 3% des espaces publics ont reçu une dénomination féminine !

Redénomination, par souci de lisibilité de numérotage, d’une partie de la rue de l’Arlequin et d’une partie de la rue Alfred de Musset dont le tenant est la rue de l’Arlequin et l’aboutissant est l’avenue Marie Reynoard :

rue Colombine

Comme Arlequin, Colombine est un personnage de la Commedia dell’arte, parfois présentée comme la fille de Pantalon. Belle et malicieuse, elle est successivement confidente, humble servante ou soubrette éveillée, parfois insolente. Elle sait utiliser les hommes pour arriver à ses fins et mène Arlequin par le bout du nez. Le personnage de théâtre nommé Colombine apparaît en France à la fin du XVIIe siècle au théâtre parisien de la Comédie italienne.


 

Dénomination d’une nouvelle voie dont le tenant est l’avenue Marcelin Berthelot et l’aboutissant est la rue Gustave Flaubert au sein de la ZAC Flaubert :

rue Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore née à Douai le 20 juin 1786 et décédée à Paris le 23 juillet 1859. D’abord comédienne, elle fut aussi chanteuse et cantatrice et se produisit dans plusieurs théâtres parisiens, jouant souvent des rôles d’ingénue. Bien qu’autodidacte, elle fut surtout poétesse, la première en date des grandes poétesses romantiques, et précurseur des maîtres de la poésie moderne comme Verlaine et Rimbaud.


Dénomination d’une nouvelle voie dont le tenant est la rue Roger Josserand et l’aboutissant est la rue Ernest Hareux au sein de la ZAC Presqu’île :

rue Mélinée et Missak Manouchian

Mélinée et Missak Manouchian sont tous deux des enfants orphelins rescapés du génocide arménien de 1915.

Mélinée, née en 1913 à Istanbul, est issue d’une famille de fonctionnaires de l’Empire ottoman et arrive à Marseille en 1926. Elle s’installe à Paris où elle rencontre en 1934 son futur mari Missak Manouchian. Elle travaille comme secrétaire pour le Comité de secours pour l’Arménie (HOC) et réussira à échapper à la police lors de l’arrestation de son mari. Elle meurt en 1989, sans avoir répondu au voeu de son mari qui dans sa dernière lettre adressée à sa « petite orpheline bien-aimée », l’exhortait à se remarier et à avoir un enfant

 Missak, né d’une famille de paysans en 1906, arrive en France en 1925 avec son frère. Il suit des cours à la Sorbonne et en 1934, s’inscrit au Parti communiste, ainsi qu’au HOC. Ouvrier, mais aussi homme de lettres, poète. À partir de 1941, engagé dans la Résistance, il rentre dans la clandestinité et en février 1943, il est versé dans les FTP-MOI, Francs-tireurs et partisans-Main d’oeuvre immigrée de Paris. Le groupe est démantelé et Missak Manouchian arrêté le 16 novembre 1943. Torturé, il est livré aux Allemands avec 23 de ses camarades et fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien. Il fait partie des 10 noms retenus pour composer l’Affiche rouge, placardée dans Paris à 15 000 exemplaires, dont la propagande allemande se servit pour dénoncer « l’armée du crime ». Sous la photo de Manouchian, était inscrit : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ».


Dénomination d’une nouvelle voie sans issue située entre la voie sur berges et la place de la Résistance au sein de la ZAC Presqu’île :

allée Rose Valland

Rose Valland est née le 1er novembre 1898 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs. Élève à l’École normale d’institutrices de Grenoble, elle suit l’enseignement de l’École des beaux-arts de Lyon, puis de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, avant de se consacrer à l’histoire de l’art. Devenue attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, elle participa durant toute la guerre au sauvetage de près de 45 000 oeuvres d’art volées par les

Nazis. Durant toute sa carrière, elle continua à oeuvrer pour la récupération des œuvres volées, comme aussi à la reconstruction de musées allemands.


Dénomination d’une nouvelle voie sans issue située entre la voie sur berges et l’avenue des Martyrs au sein de la ZAC Presqu’île :

allée du Nanomètre

Le nanomètre est une unité de mesure de longueur du Système international (SI) égale à un milliardième d’un mètre, utilisée pour parler des tailles des atomes et des molécules et plus généralement de ce qui semble être l’infiniment petit. Dans tous les centres de recherche du Polygone scientifique et en particulier au Synchrotron, l’unité du nanomètre permet de décrire les résultats et les connaissances sur les matériaux dans de multiples domaines.


Dénomination d’une nouvelle voie dont le tenant est la rue Winston Churchill et l’aboutissant est l’avenue des Martyrs au sein de la ZAC Presqu’île :

rue Abbé Pierre

Henri Grouès, dit « l’abbé Pierre », est né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris. Entré d’abord au couvent des Capucins de Crest, il est ordonné prêtre le 24 août 1938 et intègre le diocèse de Grenoble en 1938. Pendant la guerre, il devient résistant, protégeant des Juifs, aidant des réfractaires au STO, fournissant des faux papiers et participant à la création de maquis dans le Vercors et la Chartreuse. Il rencontre alors Lucie Coutaz qui restera sa secrétaire et collaboratrice durant 40 ans. Après la guerre, il est élu député apparenté MRP (1945-1951). En 1949, il fonde avec Lucie Coutaz le Mouvement Emmaüs, organisation de lutte contre l’exclusion. Au cours de l’hiver 1954, il lança l’appel qui le rendit célèbre en faveur des sans-abri. Il est également à l’origine de la loi interdisant l’expulsion en période hivernale.


Prolongement de l’actuelle rue de Nantes (vers l’ouest) dont le tenant est la rue Winston Churchill et l’aboutissant est la future voie à dénommer (rue Abbé Pierre) au sein de la ZAC Presqu’île.

La ville de Nantes fut occupée par l’armée allemande à partir de 1940. À la suite de la mort d’un officier allemand abattu par un résistant parisien le 20 octobre 1941, 48 otages, parmi lesquels figurait Guy Môquet, furent exécutés en représailles. Le rôle de la ville de Nantes dans la Résistance lui valut d’être honorée par la croix de la Libération, remise à son maire Clovis Constant par le général De Gaulle le 14 janvier 1945. Nantes est avec Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’Île de Sein, l’une des cinq villes « Compagnon de la Libération ».


Prolongement de l’actuelle rue Aimé Requet (vers l’ouest) dont le tenant est la rue Winston Churchill et l’aboutissant est la future voie à dénommer (rue Abbé Pierre) au sein de la ZAC Presqu’île.

Aimé Requet, résistant, adjoint du commandant Nal, chef des Groupes francs de l’Isère, fut l’auteur de l’énorme explosion qui, dans la nuit du 13 au 14 novembre, détruisit le dépôt de munitions allemand situé dans le polygone d’artillerie dans la presqu’île. Cette opération préparée depuis des mois précéda une semaine sanglante, appelée « semaine rouge » ou encore « Saint-Barthélemy grenobloise », au cours de laquelle la Résistance grenobloise fut décapitée.


Dénomination d’une nouvelle voie dont le tenant est la rue Henri Poincaré et l’aboutissant est la rue René Cassin au sein du PAE Châtelet :

rue Annie Ferrey Martin

Annie Ferrey Martin (1936-1980) Médecin anesthésiste et psychiatre, elle s’installe en poste à l’hôpital à Grenoble en 1966. Faisant partie avec Gisèle Halimi du mouvement « Choisir », elle milite pour le Planning familial (le premier centre en France avait été créé en 1961 à Grenoble) et défend l’avortement. Lors des événements de mai 68, elle anime des groupes de parole auprès des étudiants. Le 8 mai 1973, elle est arrêtée avec le docteur Manent, directeur du Planning, pour avoir pratiqué un avortement. Son inculpation déclenche des manifestations à Grenoble et en France. La loi de légalisation de l’avortement, dite loi Veil, sera promulguée en 1975 et le procès se terminera par un non-lieu en 1976. En 1974, elle avait publié avec C. Wolf et V. Berthommier un recueil de témoignages de femmes grenobloises : « De l’autre côté de la maternité ».


Dénomination d’une placette piétonne située entre l’avenue Washington et la rue Charles Rivail au sein du PAE Châtelet :

square Barbara

Monique Serf, dite Barbara, est une auteur-compositeur-interprète, née le 9 juin 1930, morte le 24 novembre 1997. Son père était juif alsacien et la famille dut, sous l’occupation nazie, changer souvent de domicile pour échapper aux rafles. De juillet 1943 à octobre 1945, elle résida à Saint-Marcellin. Cette partie de son enfance lui inspira plusieurs chansons (Mon enfance).

Actualités Conseil municipal du 29 février 2016
Carte

2 réflexions au sujet de “Un premier pas vers plus de parité femmes/hommes dans la dénomination des rues grenobloises 🗺

  1. On pourrait déjà facilement se passer de la rue de l’infâme Thiers ! Mais garder, évidemment, la rue du Phalanstère ! Pour des noms de rues de femmes, il y a sans doute l’embarras du choix, mais pensons à nos  » grandes » : Rosa Luxembourg, Flora Tristan, Dolores Ibarruri….

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