Monsieur Safar, arrêtez de jouer contre Grenoble !
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Corinne Bernard répond aux interpellations : « Notre équipe municipale confère un rôle central à la culture, aux cultures, dans la ville et son agglomération. Et les actes suivent. »

Monsieur Safar, vous m’interpellez et, à travers moi, la majorité municipale, dans une tribune reprise par le Dauphiné Libéré. Les envolées lyriques ne sauraient se substituer à l’analyse des faits et à l’argumentation rationnelle.

Vous tentez de faire de la diminution modérée (0,9 % de son budget) de la subvention attribuée à la MC2, la preuve du manque de considération et de vision de cette majorité pour la culture.

Vous avez tort. Notre équipe municipale confère un rôle central à la culture, aux cultures, dans la ville et son agglomération. Et les actes suivent. Les priorités de ce mandat sont connues, elles sont mon engagement quotidien :

  • Meilleure reconnaissance de toutes les esthétiques ;
  • Valorisation de l’art dans l’espace public ;
  • Collégialité et transparence dans l’attribution des subventions aux associations ;
  • Projets d’établissement pour les grands équipements afin de les ouvrir davantage sur la Ville et à tous les habitants, à commencer par le jeune public,
  • Mieux soutenir la création et construire des ponts avec les autres acteurs culturels, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

La mise en partage des cultures est le cœur de notre action.

Vous nous taxez de « provincialisme ». Je crois, Monsieur, que les grenoblois, seraient curieux de savoir ce que vous entendez par là. Oui nous œuvrons pour que les équipements publics municipaux, comme la MC2 ou le théâtre municipal, soient davantage ouverts aux acteurs culturels locaux. Ce sont eux que vous taxez de « provinciaux » ? En opposition à quoi, à qui ? Quel mépris! Cette ouverture à la scène locale ne se fait pas au détriment d’acteurs venus d’ailleurs : contrairement à vous, nous ne les opposons pas, nous aidons à créer des ponts. Voyez la plus grande ouverture du théâtre municipal avec des résidences d’artistes et une baisse des tarifs moyens de plus de 20%.

Je ne prendrais pas la peine de répondre à vos attaques sur ma personne (vous n’attendez « ni prose, ni vers » de ma part) qui relève d’un insupportable mépris de classe. J’assume le fait que le rôle de l’élu-e en matière culturelle n’est pas de s’auto-convaincre de sa grandeur d’esprit à coup d’envolées pompeuses et de citation d’auteurs, mais d’agir et de construire, avec les acteurs culturels eux-mêmes, le cadre institutionnel qui favorise les pratiques et la création dans toute sa diversité.

Monsieur Safar pour dérouler votre tirade vous oubliez , comme d’habitude, un fait majeur : la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales. Non ce n’est pas se défausser que de le dire. Par contre, il est irresponsable de la nier. Elle existe et elle est violente : cela représente environ 20 millions d’euros en moins pour la Ville de Grenoble, en 3 ans. Mais on comprend que vous la refouliez puisque c’est un choix d’austérité du gouvernement socialiste, votre famille politique. Le même gouvernement qui veut précariser encore plus le statut de tous les salariés, y compris les intermittents du spectacle, lancés dans une mobilisation nationale depuis plusieurs mois.

Ce n’est pas le Maire de Grenoble qui a écrit les nombreux articles parus depuis un an sur la révolte des maires (de droite comme de gauche), contre cette politique récessionniste, qui a fait chuter l’investissement public en France, les aides aux associations et qui aggrave le chômage. Lisez par exemple celui du Dauphiné Libéré, il y a dix jours : « Baisse de la dotation de l’État : la colère des maires ». Un chiffre est rappelé: « sur les années 2014-2017, l’État baisse en effet ses dotations aux collectivités locales, dont 15,7 milliards pour le seul bloc communal ». Pour Grenoble, c’est 14 millions d’€ de recettes en moins pour le budget 2016 par rapport à l’année 2013. Le « défaire et le détruire » ce sont vos amis qui le portent, au Gouvernement et à l’Assemblée. En refusant de dénoncer ces baisses, vous jouez contre Grenoble, contre les grenobloises et les grenoblois.

Regarder en face cette baisse des dotations, qui est venue s’ajouter à la situation financière déjà au bord du gouffre de la Ville, est indispensable pour agir et continuer à répondre aux besoins des Grenoblois.

Vous dites en creux que le champ culturel ne devrait pas voir son budget diminuer. Alors dites aux Grenoblois sur quelles politiques publiques devraient porter les 20 millions d’€ que la ville de Grenoble perd chaque année sur son budget annuel à partir de 2017 : Sur la petite enfance ? Sur l’école ? Sur l’action sociale ? Sur les associations sportives et socio-culturelles ? Sur la police municipale ? Certes les grenoblois n’ont pas choisi de vous élire Maire de Grenoble, mais vous avez certainement un avis sur la question. Surprenez-nous, montrez-nous que vous avez travaillé à un budget alternatif crédible comme le faisaient vos opposants écologistes de 2008 à 2014 ! Car depuis 2 ans les grenoblois n’entendent de votre part que des critiques sans aucune proposition concrète.

Alors dans ce contexte faire croire que le troisième budget municipal, celui de la culture, pourrait ne pas être touché par les pertes massives de recettes que subit la Ville de Grenoble, est, de la part de l’ancien adjoint aux Finances que vous êtes, une tartuferie.

Pour encaisser le choc austéritaire imposé et voté par vos amis parlementaires socialistes, notre équipe a choisi d’engager un grand plan de transformation du service public. Nous voulons continuer à améliorer les services rendus aux grenoblois en diminuant le train de vie de la Mairie, et en améliorant l’articulation de la Ville avec la Métro (intégration métropolitaine pour laquelle Grenoble avait pris un terrible retard depuis plusieurs décennies). Et nous optimisons toutes les dépenses de façon fine, sans coup de rabot uniforme (sinon la MC aurait subi – 6% dès 2015).

Oui la baisse de la subvention 2016 de la ville à la MC2 (0,9% de son budget) n’est pas un effort neutre, mais nous pensons qu’il est surmontable en engageant un travail de fond, permettant de résorber le déficit de fonctionnement structurel que vous n’avez jamais cherché à combler quand vous étiez aux affaires. Comme d’habitude, vous vous défaussez dès que l’on vous rappelle votre bilan. Pire que cela, vous avez l’indignation sélective : les grenoblois n’ont pas souvenir d’une tribune de votre part quand, entre 2009 et 2014, le Conseil Départemental de l’Isère, alors présidé par votre ami socialiste André Vallini, a baissé de 450 000 euros sa subvention à la MC2 que vous présidiez pourtant.

Aujourd’hui, la priorité, pour la MC2 est de bâtir un projet d’établissement, ambitieux sur le plan artistique, coordonné avec les autres acteurs culturels, ouvert sur la ville et son agglomération.Première scène nationale en terme de budget (12,6 millions d’€), loin devant Brest (7,3 M€), Amiens (6,5 M€) ou Nantes (5,6 M€), la MC2 est un équipement d’une importance majeure dans la France entière que nous souhaitons continuer à développer. Je réitère toute ma confiance aux équipes pour mener à bien ce beau projet.

Alors que l’argent public se raréfie partout, il y a en matière culturelle, comme ailleurs, de nouvelles agilités qui s’inventent et de nouveaux modèles en construction. Mutualiser, coopérer, innover c’est permettre aux grenobloises et grenoblois de faire valoir leurs droits culturels.

Soyez certain Monsieur Safar, de la détermination de la Ville de Grenoble pour contribuer à ce nouveau souffle

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