Austérité : le double jeu du PS & des Républicains enfin revélé
Partager

Conseil municipal du 7 novembre 2016 – Lors du débat d’orientation budgétaire, Laurence Comparat dénonce le double discours des oppositions grenobloises. Soutenant les politiques récessionnistes mises en place par le Gouvernement socialiste ou annoncées par les candidats à la primaire de droite, elles ferment pourtant les yeux sur la situation budgétaire grenobloise (plus généralement sur celle des autres collectivités) et sur la nécessité d’agir pour préserver la capacité d’action de la Ville.

 

Ci-dessous, l’intégralité de l’intervention de Laurence Comparat


« Avant toute chose je tiens à remercier au nom de la majorité les agents des services de la Ville, en particulier des finances, qui dans un contexte techniquement complexe, lié au passage en métropole notamment, font un travail remarquable. On pourra d’ailleurs noter que depuis 2 ans les budgets réalisés sont extrêmement proches des budgets prévisionnels, ce qui n’a pas toujours été le cas à la Ville de Grenoble, comme nous avons pu nous en rendre compte à notre arrivée en 2014.

Le Débat d’orientation budgétaire 2017 est une étape importante pour la construction du budget 2017. Dans un contexte toujours contraint, la majorité municipale expose dans ce document de référence les perspectives financières et politiques pour l’année 2017 et au-delà, qui ont été exposées par mes collègues, Hakim Sabri et Elisa Martin, je n’y reviens pas.

Permettez-moi simplement quelques réactions, suite aux propos tenus par les oppositions ce soir.

A nouveau dans ce débat aucune information de la part des élus socialistes sur ce qu’ils feraient s’ils étaient en responsabilité… Hausse des impôts, comme 2009 ? Fil de l’eau de la gestion précédente, désastreuse et qui conduirait à une mise sous tutelle de la Ville ?

Rappelons simplement 2 éléments de cet héritage :

  • une épargne nette en chute libre depuis 2011 puisqu’elle baisse de 11.5 M€ en 3 ans, et cela malgré la hausse des impôts de 2009 qui a rapporté 12 M€ annuels !
  • La nécessité pour notre majorité d’emprunter 14M€ (!) en 2014 pour équilibrer le budget voté par la précédente municipalité et son adjoint aux finances, Jérôme Safar…

L’absence cruelle de propositions alternatives, mêlées à la dénonciation de diverses mesures issues notamment du Plan de sauvegarde des services publics locaux est non seulement politiquement problématique, mais intellectuellement indigente. Vous ne pouvez pas à la fois soutenir le Gouvernement socialiste dont les décisions conduisent désormais à une perte de 20 M€ par an dans le budget annuel de la Ville de Grenoble, dénoncer toutes les mesures prises pour faire face à cette perte sèche de recettes de fonctionnement. C’est en effet plus facile de votre part de rester dans une posture politicienne… mais les grenoblois sont en droit d’attendre un peu mieux de la part des oppositions municipales, qui ont un rôle sérieux à jouer dans cette enceinte.

Silence radio donc sur les bancs socialistes. Mais on peut se demander finalement si le silence ne vaut pas mieux que ce que l’on entend à droite !

Passons sur les recettes ineptes et irréalistes de bradage du patrimoine communal proposées par Alain Carignon, colistier de M. Chamussy en 2014, mais surtout ancien maire de Grenoble condamné pour corruption et enrichissement personnel dans l’exercice de son mandat de maire, ce qui ne le qualifie pas vraiment pour donner des conseils de bonne gestion et de saine utilisation de l’argent public…

Arrêtons-nous plutôt sur les propositions des candidats à la primaire à droite. M. Chamussy, imaginons que votre favori –Bruno le Maire– l’emporte en mai 2017. Il veut supprimer 500.000 emplois publics, et par ailleurs tous les emplois aidés. Disons que la moitié de ces emplois supprimés – 250.000 – le soient dans la fonction publique territoriale. Une simple règle de 3 montrerait qu’il faudrait supprimer 600 postes publics sur le territoire grenoblois !

600, soit 6 fois plus que la composante « emplois » de notre plan de sauvegarde des services publics locaux que vous dénoncez par ailleurs ! Cherchez la cohérence…

Monsieur Chamussy : un peu de courage, dites aux Grenoblois quels seraient les 600 postes concernés : la police municipale ? les agents de la propreté urbaine ? ceux des espaces verts ? les assistantes maternelles ? les agents du CCAS ? ceux de l’Etat civil ?

Vous ne pouvez pas insulter les agents en laissant penser qu’il y aurait 600 hommes et femmes qui seraient payés à ne rien faire dans cette mairie… Alors, dites-nous M. Chamussy quels sont ces postes qui seront supprimés, sortez des postures purement politiciennes à Grenoble et assumez vos choix nationaux !

Par ailleurs, et plus généralement On pourrait croire qu’il n’est désormais plus nécessaire de rappeler le contexte de baisse des dotations de l’État ; et pourtant à entendre certains on a l’impression que Grenoble serait la seule Ville de France épargnée par les effets délétères de la politique d’austérité du Gouvernement !

Rappelons donc le rapport d’analyse sur les finances des collectivités locales de la Cour des Comptes, concernant l’année 2015 : elle confirme que la baisse des dotations a entraîné une chute de l’investissement des collectivités en 2014 et 2015 de 25 % en deux ans ; une baisse dont on prend toute la mesure quand on sait que les collectivités locales portent 70 % de l’investissement public en France…

Citons également le baromètre RH du groupe Randstad France, que vous ne pourrez pas soupçonner d’être trop à gauche ou écologiste à votre goût, en partenariat avec l’association des Villes de France et l’Assemblée des Communes de France qui vient tout juste d’être publié. Il indique :

  • Devant ce recul de la DGF, la « baisse de certaines charges de fonctionnement et de gestion » est le principal levier que la très grande majorité (90 %) des collectivités ont soit déjà actionné, soit vont actionner en 2016.
  • Les autres leviers les plus mobilisés sont :
    •  à 70 % « une gestion dynamique de la dette » que nous mettons en œuvre à Grenoble
    • A 69 % une baisse de l’investissement – que nous maintenons à Grenoble
    • A 69 % une « baisse de la masse salariale »
  • La baisse des effectifs passe principalement par le non-remplacement des départs à la retraite : près de deux tiers des collectivités interrogées (62 %) choisissent cette option, la plus fréquemment citée devant le non renouvellement des contrats de certains contractuels (22 % des cas) et le transfert de personnels dans le cadre d’une mutualisation (8 % des réponses), ce que nous faisons entre Ville de Grenoble, CCAS et Métropole

On voit donc que notre plan de sauvegarde des services publics locaux n’a rien d’original dans le paysage des collectivités tel que redessiné par l’austérité gouvernementale.

Ce qui est original en revanche, c’est que contrairement à d’autres villes nous n’augmentons pas les impôts, déjà très élevés à Grenoble :

  • Aix-en-Provence, Dijon, Marseille, Mulhouse, Nantes, Toulouse, Bordeaux ou Nice ont augmenté la taxe d’habitation de plus de 5 % sur 2015 et/ou 2016 ;
  • s’agissant de la taxe foncière, les communes de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lille, Metz, Mulhouse, Nantes, Nîmes, Strasbourg ou Toulouse ont enregistré des hausses supérieures à 5 % en 2015 et/ou 2016.

A Grenoble, et pour la 3e année consécutive, il n’y a pas de hausse des taux des impôts locaux. Car malgré les pertes de recettes et les dépenses supplémentaires qui pèsent sur notre budget, les impôts locaux restent les plus injustes. Or face à la crise sociale et environnementale notre priorité reste la solidarité, et cela se traduit dans notre budget 2017 : tarification sociale et solidaire, créées ou renforcées dans de multiples domaines, développement de la gratuité (comme pour les bibliothèques et les musées pour les – de 26 ans ou les répétitions au théâtre municipal ouvertes au public, ou encore pour le cabaret frappé), sacralisation du budget de subvention aux associations culturelles, plan écoles qui sera le premier poste d’investissement en 2017 pour 12 M€, organisation du forum des droits, sans parler de l’ensemble des politiques logement, espace public et mobilité construites dans un partenariat étroit avec la métropole…

Dans ce contexte, nous faisons le choix d’un budget responsable, à la dette maîtrisée, qui préserve la capacité d’investissement de la Ville. Par l’ensemble de son action, la Ville de Grenoble répond aux urgences qui fragilisent les habitants tout en préparant dès à présent dans un contexte de construction métropolitaine le Grenoble de demain. »