Stationnement résident : les élus PS grenoblois pénalisent les habitants les plus modestes
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Le 20 juin 2016, le Conseil municipal de Grenoble a adopté une tarification innovante et solidaire pour le stationnement résident (grille progressive en 11 paliers de 10 à 30 € en fonction des revenus). Parce qu’il est temps de réconcilier droit à la mobilité et justice sociale, cette innovation permettait à 40 % des usagers grenoblois de payer moins cher leur ticket résident.

Suite à un recours de l’élue socialiste grenobloise Marie-José Salat, le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé cette grille tarifaire du stationnement résident. A noter que le tribunal a retenu un autre argument (le statut administratif du stationnement) que celui avancé par Madame Salat (l’égalité des usagers devant le service public).

Si la majorité prend acte de la décision du Tribunal Administratif, nous rappelons que cette tarification a été construite sur des bases juridiques argumentées, après consultations d’experts connaisseurs du sujet et des services compétents de la Ville de Grenoble.

Il convient d’expliquer qu’il y a -au niveau national- un débat sur le statut administratif du stationnement. Les évolutions récemment annoncées concernant la dépénalisation du stationnement payant amènent certains à y voir une « occupation du domaine public », pouvant faire l’objet d’une redevance, et non d’un « service public », pouvant faire l’objet d’une tarification solidaire en fonction du revenu des usagers. Nous pensons qu’il s’agit là d’une vision restrictive de ce qu’est la politique publique de régulation du stationnement.

Aussi, la Ville a fait appel de cette décision et la municipalité va interpeller les parlementaires afin de porter cette réflexion en faveur de la justice sociale au niveau national.

Dans ce contexte évolutif, nous déplorons fortement qu’une élue socialiste ait choisi d’attaquer la mise en place d’une tarification solidaire.

Cette initiative est révélatrice. Depuis le début du mandat le groupe socialiste s’est enfermé dans une logique d’obstruction politicienne. Il préfère, sur la majorité des sujets, en rester à des effets de manches démagogiques, régulièrement mensongers, quitte à agir contre l’intérêt des Grenoblois. Ce fut le cas quand il a soutenu la baisse des dotations aux communes par le gouvernement Valls/Hollande, tout en dénonçant, sans vergogne, ses conséquences concrètes pour Grenoble. C’est encore le cas ici : du fait d’une élue socialiste, 40 % des usagers du ticket résident qui payaient moins qu’avant vont devoir payer plus.

Les masques tombent : ainsi l’histoire retiendra que, depuis 2014, les deux premières actions de ces élus (issus de l’aile droite du PS et soutiens de Manuel Valls) auront donc été d’attaquer en justice la décision de notre majorité de sensibiliser la population à l’austérité imposée par le gouvernement Valls lors d’une journée « sans service public » (décision qui a été validée par la justice). Puis d’attaquer une tarification solidaire au bénéfice des usagers les moins fortunés. Nous le regrettons : les Grenoblois méritent mieux.

Mieux « tarifer » pour mieux vivre ensemble, c’est prendre en compte la capacité contributive de chacun. C’est aussi le sens de l’histoire puisque ces dernières années de plus en plus de libertés tarifaires ont été données aux collectivités locales. Attachés au principe de solidarité, la municipalité grenobloise continuera à développer des tarifications solidaires dans toutes les politiques publiques où cela est possible.