Grenoble signe la Charte des villes engagées contre le SIDA
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Lors du Conseil municipal du 6 novembre, les élus du Rassemblement voteront en faveur de la signature par la Ville de Grenoble de la Charte des villes engagées contre le SIDA. Emmanuel Carroz, adjoint à l’Egalité des droits et à la Vie associative, nous explique ce qu’implique cette adhésion.

Q : Qu’est-ce que la Charte des villes engagées contre le Sida ?

Emmanuel Carroz : « C’est une charte élaborée par l’association Elus Locaux Contre le SIDA (ELCS) à laquelle la ville a adhéré et qui soutient des actions d’information et de prévention à destination des élus mais aussi auprès des patients et du grand public. Le 18 septembre 2017, l’association a décerné à Grenoble le label « Ville engagée contre le SIDA », et la signature de la Charte s’inscrit dans le prolongement de cette attribution. Elle repose sur deux grand principes : d’une part la sensibilisation des citoyens à la nécessité de la prévention contre le Sida et à  la solidarité à l’égard des personnes séropositives ou ayant déclaré la maladie ; d’autre part la mise en œuvre d’une politique de lutte contre le Sida définie en concertation entre les pouvoirs publics, les intervenants locaux et les associations nationales et locales.  Pour faire plus court, cette Charte indique que la ville signataire s’engage à mener des politiques de prévention contre le VIH/SIDA, à soutenir les associations et à mener des actions contre le VIH/SIDA et la sérophobie. »

Q : Qu’implique sa signature pour la Ville de Grenoble ?

EC : « La ville de Grenoble mène déjà toutes sortes d’actions. De fait l’attribution du label et cette signature est plus le résultat des actions menées et un engagement à continuer. Cette signature nous permettra de mieux formaliser nos actions, de mettre en place un comité de pilotage, même si nous pouvons dire qu’il existe déjà du fait des nombreuses réunions que nous avons avec les associations et partenaires institutionnels. Lors des Etats Généraux d’ ELCS l’an dernier, les responsables de l’association s’étaient étonnés que nous n’ayons pas le label « ville engagée contre le SIDA » vu les actions menées : soutien associatif, fresque contre la sérophobie, tram capote en lien avec le SMTC et la Métro… Ce sera chose faite cette année. »

Q : Que fait par ailleurs la municipalité dans ce domaine ?

EC : « Suite à l’arrivée de la nouvelle Municipalité en 2014, nous avions reçu, avec Mondane Jactat, adjointe à la Santé et Politique de prévention,  les associations engagées dans la lutte contre le SIDA. Leurs besoins portaient surtout sur la visibilité et la mise en valeur de leurs actions. Le constat c’est qu’aujourd’hui, il faut reparler du VIH/SIDA, car les grandes campagnes nationales sont pratiquement inexistantes malgré le retentissement de la campagne de 2016[1] dû à la censure de certains maires. C’est pourquoi la Ville soutient les associations, bien sûr, et ce depuis longtemps, mais elle développe aussi des campagnes de sensibilisation auprès des grenoblois, et de promotion des actions des associations. J’ai pour ma part été élu membre du COREVIH (coordination régionale de la lutte contre le VIH) Arc Alpin. C’est assez rare qu’un élu soit membre de cette instance. Cela permet de rester au fait des évolutions de l’épidémie, des traitements, et de pouvoir définir au mieux l’action de la ville. La lutte contre le VIH/SIDA évolue beaucoup, en particulier avec les nouveaux traitements, nous devons donc avoir une communication qui correspond au terrain. »

[1] En 2016, une dizaine de communes ont demandé le retrait d’affiches d’une campagne lancée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé montrant des couples d’homosexuels.