Comprendre le budget 2018
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Le 18 décembre 2017, Grenoble vote son budget 2018 ! Entre contexte national nouveau et travail de fond de la majorité pour redresser les finances municipales, Hakim Sabri, adjoint aux Finances, nous explique tout ce qu’il faut savoir sur ce document qui traduit les grandes orientations de la Ville pour l’année à venir.

Q : Le Gouvernement a décidé, pour cette année, de ne pas toucher aux dotations de l’Etat aux collectivités. C’est une bonne nouvelle pour la Ville de Grenoble ?

Hakim Sabri : La stabilisation des dotations de l’Etat pour ce budget 2018, c’est une « fausse bonne nouvelle ». Depuis plus de 4 ans, au nom du redressement des comptes publics, l’ensemble des collectivités est confronté à des contraintes budgétaires drastiques de la part du Gouvernement. A Grenoble, cela s’est traduit concrètement par une perte d’environ 10 % des recettes de fonctionnement entre 2013 et 2018, soit – 20 M€ au budget !

Le nouveau Gouvernement a annoncé qu’il allait continuer sur cette voie, mais en changeant de méthode : les collectivités seront sommées de passer un contrat avec l’Etat visant à continuer à réduire leurs dépenses de fonctionnement. De plus, n’oublions pas l’incertitude qui pèse à propos de la taxe d’habitation : si l’Etat a décidé de compenser le manque à gagner pour 2018, rien n’assure qu’il continuera l’année prochaine.

Q : La municipalité travaille depuis 2014 pour redresser les finances de la Ville. Ce travail porte-t-il ses fruits ?

Hakim Sabri : Depuis notre arrivée en 2014, nous avons dû faire avec l’héritage financier de l’équipe précédente et la baisse des dotations annoncée par le Gouvernement juste après les municipales, en juin 2014. Certains, notamment le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, semblent ne découvrir qu’aujourd’hui ce contexte d’austérité que les gouvernements successifs imposent aux collectivités depuis plus de 4 ans.

A Grenoble, nous avons fait le choix d’agir avant qu’il ne soit trop tard ! Le Plan de refondation des services publics locaux, que nous avons élaboré en 2016, porte ses fruits. Il nous permet d’engager la Ville sur une trajectoire budgétaire viable sans augmentation des impôts pour les Grenoblois·e·s. L’évolution de notre épargne de gestion est là pour en témoigner. Mais la situation reste fragile.

Q : C’est quoi l’épargne de gestion courante ?

Hakim Sabri : L’épargne de gestion courante reflète le résultat de l’exécution courante du budget municipal. C’est l’excédent de nos recettes réelles de fonctionnement sur nos dépenses de fonctionnement, auquel on ajoute les charges d’intérêts. Pour être plus clair, c’est comme dans le budget d’une famille : c’est ce qui reste quand on a payé les dépenses courantes (loyer, alimentation, vêtements…). En 2018, l’épargne de gestion courante est de 34,24 M€ contre 29,46 M€ en 2017. Cette amélioration de 16% est le fait de l’ensemble des actions mises en œuvre pour améliorer le niveau des recettes et des dépenses de la Ville.

Q : Quels autres chiffres retenir de ce budget 2018 ?

Hakim Sabri : Des chiffres, il y en a ! On pourrait retenir le chiffre des dépenses d’investissements de 45,3 M€ pour 2018, qui montre que la Ville continue d’investir dans l’avenir. On pourrait même détailler encore plus, et constater que 7,65 M€ seront consacrés cette année aux écoles, l’une des priorités du mandat. Que 1,6 M€ ira aux cultures, avec notamment la poursuite de la reconstruction du théâtre Prémol. Que le sport verra 1,6 M€ consacré à la construction du centre sportif Arlequin et 0,6 M€ à la rénovation de la Halle Clémenceau. Et puis, quand on regarde du côté des recettes, on constate aussi que les droits de mutations sont en augmentation de 12 %. Ce qui signifie que Grenoble attire, contrairement aux allégations de certains Grenoble-bashers.

PRINCIPALES DÉPENSES D’INVESTISSEMENT AU BUDGET 2018 

(total : 46,2 M€ d’investissement)

7,65 M€ pour le Plan Ecole et l’entretien des bâtiments scolaires Dont : rénovation des groupes scolaires Ampère, Painlevé et école élémentaire Elisée Chatin, restructuration de l’école Saint Bruno, chantiers de construction des nouvelles écoles Flaubert et Hoche…
6 M€ pour le sport (maintenance des équipements, accessibilité des bâtiments…) Dont : reconstruction du centre sportif Arlequin, réfection du sol et chauffage de la Halle Clémenceau…
5,7 M€ pour les locaux administratifs (maintenance, sécurité, conditions de travail) Dont : regroupement des équipes Ville et CCAS sur 2 sites administratifs (Hôtel de Ville et Claudel) et 3 sites techniques (Balzac-Jacquard, ancienne halle de tennis et centre horticole)…
4,3 M€ pour les opérations d’aménagement – ZAC Dont : Presqu’île, Flaubert…
4,1 M€ pour la politique de la ville et le PNRU Dont : projet d’intérêt national Villeneuve et projet d’intérêt régional Mistral
3,97 M€ pour les aménagements de quartier Dont : végétalisation, plantation d’arbres et arbustes, création d’aires de compostage, entretien et sécurité des espaces verts et jeux pour enfants, Cœur de Ville – Cœur de Métropole, nouveaux mobilier d’information urbaine…
1,6 M€ pour la culture (locaux, patrimoine, outils) Dont : reconstruction du théâtre Prémol, réouverture de la bibliothèque Alliance après travaux, acquisitions Musée, Bibliothèques, Muséum…
380 000 € pour les locaux associatifs Dont : regroupement de différentes associations dans les locaux de l’ancienne école Berlioz pour constituer un pôle ressource de solidarités internationales…
Et aussi : 2,12 M€ pour l’aide aux bailleurs et copropriétés, 995 000 € pour la nature en ville, 430 000 € pour le patrimoine, 400 000 € pour l’économie et le tourisme…