Politique de la Ville : pour une grande mobilisation nationale
Partager

Jean-Louis Borloo vient de remettre le 26 avril, au Premier Ministre, Edouard Philippe, le rapport « Vivre ensemble, vivre en grand – Pour une réconciliation nationale» concernant les quartiers de la politique de la ville. A travers un voeu, le Conseil municipal du 14 mai 2018 demandera notamment la mise en oeuvre de toutes ses mesures.

Jean-Louis Borloo vient de remettre le 26 avril, au Premier Ministre, Edouard Philippe, le rapport « Vivre ensemble, vivre en grand – Pour une réconciliation nationale» concernant les quartiers de la politique de la ville. Ce document est le fruit d’un travail collectif avec des représentants de la société civile et du monde associatif, des bailleurs sociaux, des élu.e.s et des acteurs de terrain. Il s’agit d’une série de programmes, qui nécessiteraient un investissement de plusieurs milliards d’euros sur les années à venir afin d’améliorer le quotidien et l’avenir de plus de 10 millions d’habitants de notre pays :

« L’archipel des 1500 quartiers de la politique de la ville (QPV), c’est l’équivalent de la population cumulée des 10 premières villes de France… Mais c’est bien plus en réalité, car ce cumul de graves difficultés et leurs conséquences impactent les quartiers populaires qui leur sont proches et se diffusent alentour, un alentour culturel, géographique et générationnel.

Si on ajoute, les territoires ruraux délaissés et certaines villes ou bassins en grave déprise, ainsi qu’une partie importante de nos territoires d’outre-mer, ce sont plus de 10 millions de compatriotes qui […] n’ont pas les mêmes conditions de départ, les mêmes services de base et donc la même chance de pouvoir […] construire un véritable avenir. Pour cette France, tout est plus dur. »

La situation des Quartiers Politiques de la Ville en France est en effet alarmante. Nous ne pouvons que souscrire au constat relayé dans ce rapport selon lequel les moyens déployés dans les quartiers appelés prioritaires, sont en dessous du minimum républicain. Les communes ont moins de ressources et ces quartiers voient leurs besoins grandir (besoins d’accompagnement scolaire car la part des jeunes y augmente plus rapidement que la moyenne nationale, besoins accrus de services publics dans un contexte de retrait des services de proximité, déserts médicaux, progression du chômage…)

Après la baisse des APL, qui ont touché en premier les bailleurs sociaux présents dans les quartiers défavorisés, la réduction des contrats aidés et les choix budgétaires qui favorisent les plus aisés, comme la réforme de l’ISF, ou la volonté de supprimer l’« exit tax » dès 2019,  ou encore la hausse du  budget de l’armée,  il est plus que temps de changer le cap.

Ce rapport a suscité de nombreuses réactions positives de la société civile et des élu.es locaux de tous bords politiques. Il propose en effet une série de mesures qui vont dans le bon sens, en demandant à l’État de renforcer la politique de la ville.

Ce travail, issu d’une réflexion menée depuis plusieurs mois avec le monde associatif, les entreprises, les partenaires sociaux, et les élu.es, se traduit en dix-neuf programmes, portant sur la rénovation urbaine, l’emploi, la mobilité, l’éducation, la sécurité, la culture, le sport et la justice ainsi que les questions d’égalité, de mixité, de lutte contre les discriminations et le retour de la République dans ces quartiers.

L’objet n’est pas ici d’en détailler les contenus, mais de souligner la diversité des thèmes traités, et des acteurs consultés pour son élaboration. Autre point important, ce rapport se penche également sur les moyens d’agir pour les communes ayant un ou des QPV, et qui, comme nous l’exposions plus haut, sont confrontées aujourd’hui à une baisse de leurs moyens et à une augmentation des besoins des populations dans ces quartiers. Le document revêt également un autre intérêt, en préconisant la généralisation de certaines expérimentations locales réussies, ce qui permet de rappeler l’importance du droit à l’expérimentation pour les collectivités locales. Surtout, ce rapport réaffirme la nécessité de relancer la rénovation urbaine pour les 120 000 immeubles les plus dégradés et met l’accent sur le caractère fondamental de l’accompagnement des personnes.

Ce rapport aurait néanmoins gagné à creuser davantage la question de la place des populations migrantes, celles qui arrivent sur notre territoire et celles qui sont installées vivent et travaillent en France. Nous devons rappeler sans cesse leur apport à la richesse de notre pays, mais au-delà de la dimension symbolique, il est fondamental de s’appuyer sur leurs compétences et les liens que ces diasporas entretiennent et peuvent développer pour améliorer les relations internationales à l’échelon local et national.

En substance, les programmes proposés dans ce rapport pourraient concerner des secteurs de Grenoble exigeant une attention particulière et un véritable investissement de la part de l’Etat. Il nous paraît donc important d’en souligner l’importance et la nécessité.

Le Conseil Municipal de Grenoble demande au Gouvernement de :

  • mettre en œuvre les mesures prévues dans le rapport « Vivre ensemble, vivre en grand » ;
  • déployer tous les moyens nécessaires dans les territoires à cet effet ;
  • renforcer la politique de la ville en mobilisant impérativement des moyens supplémentaires ;
  • faire apparaître des mesures concrètes plus explicites et plus volontaristes pour une meilleure intégration des migrant.es dans les 19 programmes proposés.