Soutien à la ligne des Alpes Grenoble-Gap
Partager

Conseil municipal du 18 juin 2018 – Voeu de soutien du groupe RCGE au service public ferroviaire menacé sur la ligne des Alpes Grenoble – Gap ; adressé à Elisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports.

La Ville de Grenoble, aux côtés de Grenoble-Alpes Métropole et du SMTC, mène une politique active d’amélioration de la qualité de l’air et de la santé des populations, via la réduction des nuisances liées au trafic routier polluant (Zone à circulation restreinte, vignettes Crit’Air) et favorise le développement des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement (modes doux, transports en commun, covoiturage, ferroviaire, projet de RER métropolitain,). Le ferroviaire étant le moyen de dessertes inter-cités le plus durable et le plus efficace, la Ville de Grenoble est très attachée au maintien d’une desserte fine et maillée des territoires de notre région par ce mode de transport.

Le maire de Grenoble a interpellé à plusieurs reprises l’Etat et la Région Auvergne Rhône-Alpes à propos des lignes de l’étoile ferroviaire de Grenoble afin que soient mis en oeuvre les engagements de modernisation contenus dans le contrat de plan Etat-Région (CPER) 2015-2020. Celui-ci prévoit en effet des financements conséquents pour des travaux d’entretien des axes ferroviaires innervant le territoire, en particulier pour la « ligne des Alpes », qui relie Grenoble à Gap en passant par l’étoile de Veynes.

Or, à ce jour, aucun travaux de maintenance ne sont engagés ni prévus, ce qui risque de conduire à sa fermeture d’ici 2023. Cette ligne est en effet le seul lien ferroviaire direct entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud. Depuis 140 ans, elle assure le lien historique entre Gap et Grenoble, déterminant pour le développement économique, touristique mais également pour l’accès aux soins des habitants, la connexion des pôles universitaires…

Elle permet la liaison entre les espaces métropolitains, périurbains et ruraux de l’Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes par une succession de viaducs et de tunnels, témoins du génie civil français, dont l’intérêt patrimonial n’est plus à démontrer.

Cette ligne représente l’armature du réseau de transport en commun desservant le versant sud de la métropole grenobloise. Consciente de son importance stratégique, Grenoble-Alpes Métropole s’est engagée à mobiliser, au-delà de ses compétences et de son périmètre d’action, pas moins de deux millions d’euros pour contribuer à la sauvegarder.

Le manque d’investissement de SNCF Réseau sur ce tronçon entraine des ralentissements et des retards sur la ligne. Malgré ces difficultés, le nombre de voyageurs continue d’augmenter pour atteindre plus de 900 par jour. Cela fait maintenant plusieurs années que les voyageurs, associations d’usagers et citoyens se mobilisent pour la sauvegarde de cette ligne, contre les fermetures de gares, de guichets, les réductions d’amplitude de service et la suppression de trains au profit de transports par cars.

Compte tenu des délais incompressibles de préparation et de lancement des travaux ferroviaires il est désormais très urgent d’engager des crédits, comme prévu dans le Contrat de plan Etat – Région, sur un plan cadencé et effectivement réalisé.

La fermeture de la ligne des Alpes est, pour la ville de Grenoble comme pour toutes les communes que cette ligne irrigue, une perspective inenvisageable. Elle constituerait une perte nette de plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements sur le bassin de vie, avec des impacts réels sur les emplois, un recul pour l’aménagement des territoires ruraux et de montagne et une aberration sur le plan énergétique et sanitaire en renonçant au mode de transport le plus écologique, le moins polluant et le plus performant qu’est le train.

Un courrier collectif a été adressé en ce sens aux Présidents des Régions AURA et PACA. Il a été signé en avril 2018 par de nombreux.ses élu.es d’Isère et des Hautes Alpes : 5 député.e.s, 4 sénateurs.trices, 5 présidents d’intercommunalités, le président du SMTC, 43 maires, 30 élus départementaux et 2 présidents de CCI. A ce jour ce courrier est resté sans réponse.

Le report modal sur le réseau routier ne peut constituer une solution de repli satisfaisante !

Il ne permettrait pas d’absorber le trafic aux périodes de pointe, ni de pallier le handicap de montagne constitué par un réseau de routes tortueuses imposant des franchissements de cols difficiles l’hiver. Le transport des personnes à mobilité réduite, ou de celles circulant à vélo serait par ailleurs compromis. Il entraînerait un rallongement inévitable des temps de parcours et in fine un report de nombre de passagers vers leur véhicule individuel. Ceci aura pour conséquence d’augmenter la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre, à rebours de tous les objectifs sanitaires et écologiques du pays, de la métropole et de la ville de Grenoble.

Cette situation de report de facto sur le réseau routier s’est produite début avril 2018 lorsque la direction de la SNCF, évoquant les perturbations de maintenance liées au conflit social généré par la libéralisation de la SNCF, a suspendu toute circulation de trains sur cette ligne. Après de fortes réactions des usagers, relayées par le maire de Grenoble, la Métropole, le SMTC et le sénateur Guillaume Gontard, le service a été rétabli très partiellement avec 6 trains par jour, contre 16 auparavant, ce qui ne permet aucunement aux usagers de compter sur le train.

Dans ce contexte, nous demandons à l’Etat :

  • d’afficher de manière ferme son soutien aux lignes du quotidien (lignes régionales, RER métropolitains…)
  • d’engager dès 2018, en lien avec les collectivités locales et SNCF Réseau les investissements nécessaires pour assurer le maintien de la ligne et la modernisation rapide des systèmes d’exploitation les plus vétustes afin d’atteindre une régularité de circulation et une capacité de transport en adéquation avec les attentes des usagers et des collectivités
  • de se porter garant, en lien avec la Région, organisatrice des transports ferroviaires, de la qualité du service public ferroviaire et d’exiger de SNCF Rhône-Alpes le retour immédiat (hors jours de conflit social) aux 16 trains par jour attendus par les usagers.