Libérons les données ! Partageons-les ! Utilisons-les !
Partager

A la veille de la signature par la Ville de Grenoble de la convention de partenariat avec Wikimédia France vendredi 5 octobre, 3 questions à Laurence Comparat, adjointe à l’Open data et aux Logiciels libres et présidente d’Open Data France.

Pourquoi « libérer les données publiques » ?

Laurence Comparat : « Parce que c’est un enjeu démocratique majeur : il est primordial qu’un maximum de données puisse être disponibles, dans un format ouvert et exploitable par tous·tes, pour que les citoyen.nes puissent avoir un droit de regard sur les affaires publiques. C’est aussi une démarche qui permet à d’autres acteurs comme des entreprises, des associations, des chercheur.ses, des journalistes, des artistes, de s’emparer de données pour proposer des analyses, des outils ou services à l’ensemble de la collectivité. Et donc, par-là, de faire de ces informations de véritables biens communs. C’est à la fois une participation à la transparence de l’action publique, et une démarche au service du territoire et de son dynamisme citoyen, associatif ou économique. »

Quelles actions ont été menées par la ville sur cet axe ?

LC : « Nous avons commencé par ouvrir en 2015 un portail open data commun avec la Métropole et le SMTC. Ce portail contient aujourd’hui 68 jeux de données, parmi lesquels on trouve, par exemple, tous les permis de construire et les déclarations de travaux, mais aussi des données sur l’identification et la localisation des arbres, des arceaux à vélo ou encore les effectifs scolaires. Et nous essayons aussi de recenser les utilisations de ces données, afin de valoriser l’usage de nos données et de rendre visible la dynamique sur le territoire. Par exemple, un citoyen a utilisé les données sur les arbres pour réaliser une carte de Grenoble avec la correspondance entre les noms scientifiques (genre, espèce, variété) et les noms communs français. D’autres données ont également permis d’alimenter plusieurs applications et de fournir des services aux habitant·es, comme par exemple Street-co, une application dédiée aux personnes à mobilité réduite qui recense les lieux accessibles et propose des trajets adaptés.

En mai 2018, nous avons franchi une nouvelle étape en délibérant en conseil municipal pour ouvrir les données culturelles concernant les œuvres et les créations dont la Ville détient les droits. Il s’agit là d’assurer une meilleure visibilité et appropriation des collections conservées dans les équipements culturels,  mais aussi de permettre la diffusion et la réutilisation des corpus numérisés. Car il faut bien comprendre que cette diffusion favorise la transmission des savoirs, la création et la recherche ! »

Qu’est-ce que la convention que la Ville de Grenoble s’apprête à signer avec le président de Wiki Média France ?

LC : « L’objectif est justement de favoriser cette diffusion de nos données culturelles, à l’aide d’une convention cadre de partenariat entre nos services culturels (Bibliothèque, Musée Stendhal, Musée, Muséum) et les projets Wikimédia. Le but de Wikimédia est d’accroitre le nombre de contributeurs·trices, d’enrichir des contenus, de former des publics-cibles particuliers à s’emparer de projets collaboratifs. On pourra ainsi retrouver des images des œuvres de la ville de Grenoble en libre accès sur Wikimédia commons, ou des biographies d’artistes locaux enrichies et mises à jour sur Wikipédia grâce au travail de nos agent·es et des contributeurs·trices. C’est donc un moyen de valoriser nos fonds culturels, et de participer à la diffusion de la culture et de la connaissance, mais aussi d’informer plus largement sur l’existence de ces oeuvres et de donner envie de venir les voir au sein de nos établissements culturels.

Cette signature marquera également l’ouverture de la troisième édition de la Wikiconvention francophone (la rencontre internationale des contributeurs francophones à Wikipédia et aux autres outils de Wikimédia), que nous avons le plaisir d’accueillir cette année les 5, 6 et 7 octobre à Grenoble. Une occasion de découvrir de plus près ce monde de l’élaboration collective de la connaissance et de sa libre diffusion, et de rencontrer les nombreux·ses Grenoblois·es qui s’investissent sur ces projets, mais aussi des wikimédien·es du monde entier ! »