Des bibliothèques gratuites, rénovées, aux horaires harmonisés – les grands axes du plan lecture
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Après un an et demi de travail étroit des professionnel·les et des élu·es le Conseil Municipal de Grenoble s’apprête à voter un Plan lecture. Objectif ? s’appuyer sur nos atouts, les collections et le personnel, pour faire venir plus de personnes dans nos bibliothèques. Ouvrir plus, ouvrir mieux, dégager du temps du personnel pour la relation aux usagers, telle est  la philosophie générale.

Un constat paradoxal : un réseau de bibliothèques dense et apprécié, mais insuffisamment fréquenté

Le constat est paradoxal : il existe, à Grenoble, un réseau de bibliothèque dense (deux fois plus  d’équipements que dans les villes de même taille), avec des bibliothécaires impliqué·es, des collections importantes, et qui est très apprécié des usager·es, et pourtant, elles sont beaucoup moins fréquentées qu’ailleurs: 33% des habitant·es disent y mettre les pieds au moins une fois par an contre 45% au niveau national. Le décrochage est encore plus important pour le public adolescent : 28% contre 53% !  Pour répondre à cet enjeu, et parce que les mobilisations de l’année 2016 ont montré à quel point la lecture publique était au centre des préoccupations des habitant·es, nous proposons au conseil municipal du 25 mars un plan lecture, issu d’un an et demi d’enquêtes, de travail étroit avec les bibliothécaires, de consultations, qui s’articule autour de 3 grands axes : la gratuité totale, des horaires harmonisés et étendus et des investissements dans les bâtiments.

Pour une bibliothèque qui ne demande pas de comptes : la gratuité pour tous et toutes dès juillet

Les bibliothèques font partie des services qui, contrairement au transport, au logement ou à l’alimentation, relèvent du choix personnel de chacun : elles sont un vecteur d’émancipation, qui contribue au parcours du citoyen. Elles doivent créer l’envie. Nous pensons que pour remplir pleinement ce rôle, pour attirer de nouvelles personnes, elles ne doivent plus demander de compte, de justificatifs, et accueillir chacun·e de la même manière, petit·e, grand·e, vieux·ielle, jeune, francophone ou non, riche ou pauvre. Cela permettra également aux bibliothécaires de dégager plus de temps pour la relation aux usagers. Enfin, le coût de la gratuité de la bibliothèque est tenable budgétairement parlant (les recettes représentent 2% du budget total des bibliothèques), ce qui ne serait pas le cas du Musée par exemple. Nous assumons ainsi la bibliothèque est comme la première marche vers d’autres pratiques culturelles.

Ouvrir mieux, ouvrir plus : harmoniser et étendre les horaires

Aujourd’hui, il est difficile de s’y retrouver dans les horaires des différentes bibliothèques de la ville : aucune n’ouvre ou ne ferme à la même heure. De plus, l’enjeu de l’extension des horaires est important si l’on cherche à attirer de nouveaux publics, et notamment les jeunes. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’envisager cette piste sérieusement, en commençant dès maintenant par le lancement d’études. Harmoniser d’abord, étendre ensuite, en conformité avec les besoins des usagers et le cadre de travail des agents, et ce, évidemment, dans le cadre du dialogue social. Il est important également de noter qu’en ce qui concerne les coûts qu’une extension des horaires pourrait générer, l’Etat accorde une aide financière spécifique.

Pour des lieux plus conviviaux, avec de nouveaux services : investir dans le réseau

Pour que les bibliothèques soient des lieux dont chacun et chacune aient envie de franchir la porte, nous faisons le choix, dans les années à venir, d’investir dans les bâtiments des bibliothèques. Dans notre réseau de proximité, dont certains bâtiments vieillissent, pour en faire des lieux plus agréables, conviviaux et plus visibles, dans la limite des espaces existants mais aussi dans une bibliothèque tête de réseau, que nous souhaitons faire émerger. C’est une attente des bibliothécaires depuis plus de 20 ans, nécessaire pour attirer de nouveaux publics. Pour susciter la fréquentation, il faut en effet des équipements ouverts, visibles, qui offrent de nouveaux services, comme par exemple des salles de travail, une cafeteria, pour donner envie à des personnes d’âges et d’horizons différents d’entrer. Nos équipements actuels ne le permettent pas suffisamment. Après le programme d’aide de l’Etat à la fin des années 90 avec le programme national des BMVR (bibliothèques municipales à vocation régionale), nous avons une nouvelle opportunité d’appui de l’Etat qui s’ouvre, nous devons en profiter.